|

Malgré les études annonçant le plagiat comme un problème
très répandu et évaluant le pourcentage de documents
plagiés à au moins 10 % de l'ensemble des travaux soumis,
le nombre de cas traités dans les comités disciplinaires
(Suède) reste relativement faible. En 2003, seulement 112 étudiants
ont fait l'objet de mesures disciplinaires liées au plagiat (rapport
HSV 2004 :17 R). C'est très peu compte tenu du nombre d'étudiants,
à savoir environ 250 000. En supposant que chaque étudiant
produit deux documents scolaires par an, soit un total de 500 000, 112
cas représentent 0,2 ‰ uniquement.
Selon le résultat des études menées
sur le plagiat, il est fort probable que le nombre de cas disciplinaires
ne reflète pas la réalité et qu'un volume considérable
de cas non détectés n'ait pas été pris en
compte. Plusieurs facteurs expliquent cette situation.
Faible anticipation
Le plagiat est un fléau qui s'est accru ces dernières
années. Parmi les explications de ce phénomène, la
croissance rapide d'Internet, qui facilite nettement la recherche de matériel
d'aide au plagiat, comme les moteurs de recherche de documents et les
sites de triche. Le nombre incertain de cas peut s'expliquer par un manque
de préparation évident face aux conséquences néfastes
de l'évolution Internet. En effet, cette rapide expansion n'a pas
laissé beaucoup de temps pour réagir et prendre les actions
appropriées pour contrer la situation.
Différence de points
de vue
Chaque enseignant partage une opinion
propre concernant le plagiat. Cette diversité d'opinions peut être
imputée en partie à un manque d'informations sur le problème
et à l'absence de politique claire au sein de leur établissement
par rapport au traitement des cas suspectés de plagiat. Cette situation
ajoute une incertitude supplémentaire quant à la réelle
portée du problème. Car si certains professeurs portent
les cas suspects devant le comité disciplinaire, d'autres préfèrent
les gérer à leur guise directement avec l'étudiant.
D'autres encore choisissent délibérément d'ignorer
le problème.
Temps et ressources
Contrôler les cas de plagiat nécessite du temps et des
ressources. Et rares sont les enseignants qui peuvent s'adonner à
cette tâche, souvent happés par d'autres priorités
qui relèguent la détection du plagiat au second rang.
Difficulté
de détection
Ce qui justifie peut-être le plus l'ampleurs de ces cas
non enregistrés repose sur le fait que le plagiat est difficile
à identifier. Certains sont certes détectables rapidement
: l'étudiant s'est contenté de copier des sources bien connues
des enseignants. Dans certaines situations, c'est souvent le texte lui-même
qui trahit le tricheur. Il peut en effet contenir des références
à l'auteur original ou des erreurs facilement identifiables (passages
de différentes sources associés maladroitement). Toutefois,
certains cas se révèlent particulièrement difficiles
à détecter : l'étudiant a fait l'effort de modifier
le texte afin de dissimuler le texte source, lequel devenant plus compliqué
à identifier. Tous les signes distinctifs du plagiat (niveaux de
rédaction différents dans le document, informations hors
de propos, mots spécifiques, etc.) ont été altérés
ou supprimés ; les sources sélectionnées sont impossibles
ou, tout au moins, difficiles à distinguer pour un enseignant consciencieux
(le contenu d'origine a par exemple été traduit dans une
autre langue.
|